Déclaration liminaire CGT Éduc’action au CSA Académique du 27 janvier 2026
Mesdames, Messieurs les membres du CSA académique,
Le budget de l’Etat est passé par 49.3 : pour la CGT, pas question de laisser tomber nos services publics, menacés par la politique austéritaire du gouvernement ! Pas question non plus d’accepter les reculs du budget de la sécu : la bataille continue pour nos hôpitaux, notre santé et notre protection sociale. Sur les retraites, le décalage ne suffit pas : on veut l’abrogation !
Dans tous les secteurs d’activité, les directions tentent d’imposer une cure d’austérité salariale ( 483 plans de suppressions d’emploi sur les 18 derniers mois et plus de 100 000 emplois menacés ou supprimés) alors même que des groupes comme Arkema, Ducros, Orano, Air Liquide, ArcelorMittal affichent des résultats financiers solides ou poursuivent des stratégies de rentabilité agressives. La CGT appelle à la mobilisation et soutient les grèves reconductibles qui mettent à l’arrêt des sites et des productions. À l’instar de notre secrétaire générale Sophie Binet, des centaines de militant·es font face à une répression de plus en plus décomplexée sur leurs lieux de travail et dans leurs pratiques syndicales. Les libertés syndicales doivent être protégées et renforcées, car elles demeurent un pilier indispensable de la démocratie et du progrès social.
En France et dans le monde entier, l’extrême droite est l’ennemie des travailleur·ses et des populations. Soutenue par une part de plus en plus importante du capital, elle mène partout à la pauvreté, à la répression, à la guerre voire à un conflit généralisé et comme dans toutes les guerres ce sont les classes populaires qui fourniront la chair à canon. En France, les votes de l’extrême droite sont clairs : contre l’augmentation du Smic, contre l’indexation des salaires, contre la taxation des ultrariches… Mais leurs représentant·es votent pour la loi Duplomb, les lois xénophobes qui divisent la population ou la casse de nos services publics. L’extrême droite n’a qu’un objectif : prendre le pouvoir et mener une politique ultralibérale, raciste, sexiste, antisyndicale et autoritaire – le tout en servant ses propres intérêts. La CGT continuera à dénoncer l’illusion du vote pour les candidat·es de l’extrême droite.
Le CSA ministériel d’hier confirme l’austérité pour le ministère de l’Education. 2 229 postes supprimé dans le 1er degré (dont 151 dans notre académie), 1 803 postes supprimés dans le 2nd degré (dont 120 pour l’académie). Quasi rien pour les personnels administratifs et pas beaucoup mieux pour les Vies scolaires ou santé-sociaux. Nous le répétons une fois de plus : les suppressions de postes justifiés au nom de la baisse démographique restent incompréhensibles et inacceptables alors que cette baisse aurait pu être l’occasion justement d’améliorer les conditions d’accompagnement éducatif, d’abaisser les effectifs par classe et d’améliorer les conditions d’apprentissage. Des effectifs trop importants, on le sait est l’une des principales raisons qui minent les collègues et contribuent à la perte de sens du métier. D’autre part, la question budgétaire pour notre secteur reste primordiale puisqu’elle permettrait une revalorisation salariale pour des métiers qui ont un déficit d’attractivité. Pour rappel, après de nombreuses années d’austérité, la situation salariale, la reconnaissance des qualifications et les déroulements de carrière se sont fortement dégradés dans la Fonction publique tous corps confondus.
La CGT Éduc’action a bien écouté le ministre et une des priorités devrait être la santé physique et psychique des élèves. Quels moyens le rectorat a-t-il prévu pour accompagner au mieux les élèves pour répondre à cette priorité ? Il y a de toute évidence un manque criant de personnels médicaux et sociaux dans notre académie. Les personnels se mobilisent et réclament des personnels infirmiers et sociaux. La CGT Éduc’action Nantes soutient pleinement les personnels sur cette revendication particulière et tout à fait légitime. (manifestation ce jour au collège de Grez en Bouère en Mayenne qui perd un poste d’Infirmière scolaire).
Autre sujet de crispation dans notre ministère, ce sont les précaires qui sont toujours aussi malmené·es. Du côté des AESH, le manque d’attractivité du métier et le taux de démission chez ces personnels nous interpellent (459 démissions d’AESH dans notre académie en 2024/2025). Cette situation ne pourra que perdurer faute de création d’un statut de catégorie B. Du côté des personnels Non titulaires enseignant·es, PSYEN, CPE, la CGT Éduc’action à travers une grande enquête nationale, déclinée au niveau académique pointe de façon chiffrée, entre autres, des pratiques dégradées et opaques dans le recrutement et le renouvellement, dans les affectations, une formation et un accompagnement quasi inexistants, une souffrance réelle des personnels liée à leur statut de précaire. Pour certain·es non titulaires, nous recevons des témoignages de collègues faisant part d’entretiens avec des inspecteur·trices non constructifs, non motivants et générant découragement chez nos jeunes collègues, loin des discours institutionnels de bienveillance.
Enfin, nous n’oublions pas la voie professionnelle. Nous continuons d’exiger l’abrogation du parcours différencié en terminale qui se fait au détriment des enseignements. On le sait, ce dispositif accentue les inégalités et désorganise les établissements. Nous ne cessons de le marteler : les élèves de LP n’ont pas besoin d’une présence accrue dans l’entreprise pour se former mais de plus d’école.
Si la Journée nationale contre le sexisme du 25 janvier est une initiative symbolique, elle ne doit pas masquer l’urgence d’agir concrètement pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour la CGT, cette lutte ne se limite pas à une journée par an, mais s’inscrit dans une action quotidienne et collective pour l’égalité professionnelle. Le récent rapport annuel du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes est accablant. D’une part, il observe une polarisation croissante autour des enjeux d’égalité femmes/hommes dans la société française et la persistance des inégalités économiques et sociales à un niveau élevé. Il met en avant les dangers de la montée des discours sexistes et masculinistes qui gagnent notre société. Notre ministère chez les personnels et chez nos élèves n’est pas épargné. Dans ce cadre, nous demandons que l’information sur le baromètre soit relancée, que la formation des cadres en matière de VSS soit accentuée et que les formations EVARS, de qualité selon les retours des collègues, soient étendues.
La CGT Éduc’action continue d’exiger un changement radical d’orientation budgétaire et politique pour les Services publics et notamment celui d’Éducation. Nous continuerons à porter la contestation et travaillerons à la mobilisation-construction du rapport de force indispensable pour que les revendications des personnels aboutissent rapidement.
