Introduction
Le changement climatique est le résultat des logiques intrinsèques au capitalisme. Il questionne fortement l’adaptation des établissements scolaires, en particulier en lien avec la multiplication, l’intensification et l’allongement des épisodes de canicule.
Le constat est sans appel : les dernières « vagues de chaleur » ont mis en exergue, de façon brutale mais prévisible, la mauvaise adaptation de nombreux bâtiments scolaires aux fortes chaleurs mais aussi l’impréparation pour y faire face : absence de volets ou de stores dans les salles de classe, impossibilité d’ouvrir les fenêtres, grandes verrières absorbant la chaleur, absence de préau ou d’espace ombragé dans la cour de récréation, îlot de chaleur créé par le revêtement du sol de la cour, renforçant la hausse des températures, aucune anticipation de la part de la hiérarchie, etc.
Tout cela à des conséquences concrètes sur les personnels et les élèves en particulier avec des risques pour la santé et la dégradation des conditions d’apprentissages.
Les obligations de la hiérarchie ?
L’employeur public a pour obligation de préserver la santé et la sécurité des salarié·es. Il engage sa responsabilité, y compris pénalement, s’il ne le fait pas.
Dans la Fonction publique, les textes de référence sont :
- Décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique.
- Décret n° 2020-1427 du 20 novembre 2020 relatif aux comités sociaux d’administration dans les administrations et les établissements publics de l’Etat
- Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur
- Livres I à V de la 4e partie du code du travail, en particulier les articles R4463-1 à R4463-8
Les études de l’INRS (Institut National de Recherche sur la Sécurité) montrent que le travail par fortes chaleurs, notamment au-delà de 33°C, présente des dangers pour la santé. Les agents peuvent invoquer leur droit de retrait, mais il pourra être contesté par la hiérarchie sur l’absence de Danger, grave et imminent.
Le risque « chaleur » doit être pris en compte dans le document unique d’évaluation des risques professionnels, malheureusement encore trop peu utilisé ou présent au sein des écoles et établissements.
Le décret du 27 mai 2025 énumère une liste de mesures que l’employeur doit prendre afin de lutter contre les épisodes de chaleur intense (donc dès les niveaux de vigilance jaune) :
- utilisation de procédés de travail ne nécessitant pas d’exposition à la chaleur (ou nécessitant une exposition moindre) ; modification de l’aménagement et de l’agencement des lieux et postes de travail ;
- adaptation de l’organisation du travail (comprend les horaires de travail) pour limiter la durée et l’intensité de l’exposition. Des périodes de repos peuvent être prévues ;
- mise en œuvre de moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées ou pour prévenir l’accumulation de chaleur dans les locaux de travail (exemples : pare-soleil, ventilateurs, brumisateurs…) ;
- augmentation, autant que possible, de l’eau potable fraîche mise à disposition des travailleurs. L’employeur doit fournir aux salariés une quantité d’eau potable fraîche suffisante et prévoir un moyen pour maintenir au frais l’eau destinée à la boisson à proximité des postes de travail ; choix d’équipements de travail appropriés permettant de maintenir une température corporelle stable ;
- fourniture d’équipements de protection individuelle permettant de limiter ou de compenser les effets des fortes températures ou de se protéger des effets des rayonnements solaires ;
- information et formation adéquates des travailleurs, d’une part, sur la conduite à tenir en cas de forte chaleur et, d’autre part, sur l’utilisation correcte des équipements de travail et des équipements de protection individuelle de manière à réduire leur exposition à la chaleur à un niveau « aussi bas qu’il est techniquement possible ».
La Caisse Nationale d’Assurance Maladie des travailleurs Salariés préconise l’évacuation des locaux au-delà de 34 °C, en cas « d’arrêt prolongé des installations de conditionnements d’air dans les salles de bureaux ».
De nombreuses salles de classes ou bureaux de l’éducation nationale, mal isolées, peuvent voir les chaleurs grimper ces jours-ci. Les chef·fes de services ont pour obligations d’évaluer les risques liés à l’ambiance thermique dans le document unique : vérifions si c’est le cas !
Dans notre secteur dans lequel la médecine de prévention dispose de moyens insuffisants, et où la prévention des risques santé travail est indigente, il est important de nous mobiliser.
Interpellons nos chefs de services, chefs d’établissements, IEN, en cas de forte chaleurs sur nos lieux de travail ! Renseignons le Registre de Santé et Sécurité au Travail sur votre espace etna !
Exerçons, si besoin, notre droit de retrait
Demandons l’intervention de la F3SCT !
Que pouvons nous faire ?
Un décret a été publié le 1er juin 2025 afin de préciser les modalités d’aménagement de la charge de travail, des postes et des conditions d’exercice en période de forte chaleur et de canicule. Ce décret est applicable dans sa totalité aux agents de la fonction publique
La CGT revendique non seulement la pleine application de ce décret dans les écoles et établissements mais appelle les personnels à agir sans attendre lorsque les situations locales l’exigent. Il est de la responsabilité de notre administration à toutes les échelles d’évaluer les risques et d’y apporter des réponses qui permettent de protéger agent·es comme élèves : mise en place d’horaires de travail aménagées, mise à disposition de ventilateurs, brumisateurs ou climatiseurs, distribution d’eau potable, mise au repos des personnels les plus fragiles, cessation du travail en cas de conditions extrêmes…
Clique sur la fiche pratique de la CGT qui te permet de retrouver tous les conseils pour agir avec tes collègues, afin de faire respecter le droit.
Dans tous les cas, si tu constates une situation qui te semble problématique, n’hésite pas à adopter la démarche suivante :
– Alerter le·la supérieur·e hiérarchique et lui demander de prendre les mesures nécessaires à la protection des personnels et des élèves ;
– Notifier tout problème dans le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST) en ligne;
– Exercer ton droit de retrait individuel si la situation l’exige (Danger Grave et Imminent) ;
– Te regrouper avec tes collègues afin d’établir la liste des besoins et de définir les moyens d’action, notamment débrayage et grève si nécessaire
N’hésite pas à contacter la CGT Éducation Nantes afin de t’aider dans les démarches.




