Déclaration liminaire CGT Éduc’action au CSA Spécial Académique du 20 novembre 2025
Le gouvernement a engagé une bataille médiatique sur le « poids de la dette » pour mieux présenter la note aux salariés, retraités ou privés d’emploi.
S’il souhaite réaliser 33mrds d’économies c’est pour consacrer 7 milliards de plus pour la défense. Ces choix budgétaires sont éminemment politiques et témoignent que les priorités ne sont pas à l’amélioration des services publics sur le territoire. Loin de créer les postes nécessaires, on entend parler de 3000 suppressions de postes dans la Fonction Publique, et l’Education nationale ne sera pas épargnée.
Le sketch de la fausse suspension de la réforme des retraites ne trompe personne, d’autant que la note sera payée autrement à travers des hausses de cotisations, d’impôts ou taxes supplémentaires. Car ce que concèderont le patronat ou le gouvernement d’une main, ils s’empresseront de le reprendre dans la foulée en aggravant encore la situation sociale, du moins tant que les salariés ne se font pas entendre.
D’aucun poussent à transformer des arrêts de travail légitimes en injonction à télétravailler ou changer de poste ou encore à multiplier le nombre de jours de carence en cas de congé maladie. Et tout cela en même temps qu’une communication ministérielle se décline partout pour faire la promotion de la Qualité de Vie et du Bien être au travail.
Le déficit du budget de la Sécurité Sociale comme celui de l’Etat sont entretenus par le déficit de recettes, creusé par les 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises sans contrôle ni contrepartie. La situation de Michelin ou d’Ascométal qui mettent des centaines de salariés au chômage en est la preuve. Chaque année, les exonérations de cotisations sociales patronales s’élèvent à 75 Milliards d’euros. Qu’on ne se moque pas du monde, d’autres choix budgétaires sont possibles. Pour toutes ces raisons, la CGT appelle les personnels à se défendre en se mobilisant le 2 décembre prochain.
Dans notre académie, la question de l’attractivité de nos métiers se pose, et pas seulement sur le plan de la rémunération mais bien aussi sur le plan des conditions de travail. Combien de fois les collègues ont-ils dû faire face à des absences non remplacées, ce qui pèse à terme sur l’ambiance de travail. L’impact du jour de carence et du déremboursement des congés maladie ordinaire contraint des collègues à refuser des arrêts maladie, ce qu’ils et elles finissent par payer tant physiquement que moralement à plus ou moins long terme. Fatigués par la charge de travail, fatigués de former encore et encore des nouveaux collègues, fatigués de devoir sans cesse s’adapter à une réglementation qui évolue sans que les outils techniques suivent, marre d’alerter sans être entendus.
Nous constatons que de plus en plus de collègues expriment ainsi des velléités de départ y compris en cours d’année par le biais du détachement. Dans les services RH, les départs ont été nombreux ces dernières années, y compris chez les cadres, et encore cette année, ne serait-ce qu’à la DEP où ¼ des agents du service sont partis. Il ne s’agit pas simplement de départs en retraites ou de choix d’évolution de carrière, il s’agit aussi pour un certain nombre d’une solution pour fuir un service qui devient maltraitant. En ne reconnaissant pas pleinement cet état de fait, le Ministère comme l’Académie évite de traiter le problème en se contentant de considérer qu’il s’agit de choix de carrière individuels. Tout cela a un impact sur l’image du service public et a pour conséquence une forte perte de sens chez les collègues
Sur le plan de la rémunération, la CGT rappelle que la maigre revalorisation de l’IFSE des agents de catégorie C et la promesse d’un CIA de 500 euros à la fin de l’année ne compense pas la perte de revenu lié à la fois au gel du point d’indice et à la non-revalorisation des grilles de rémunération. Ainsi, certains agents de catégorie C perçoivent la prime d’activité, ce qui signifie bien que les salaires ne sont pas assez élevés pour éviter qu’une allocation vienne compléter les revenus d’un agent.
Selon le dernier barème du Secours Populaire, un tiers des sondés estime qu’il existe un risque « important », voire « très important » de basculer dans la précarité « dans les prochains mois » et les difficultés restent élevées sur l’accès à la santé, aux loisirs mais aussi à se « procurer une alimentation saine » permettant « de faire 3 repas par jour ». C’est pourquoi la CGT alerte également sur la nécessité de revaloriser fortement les crédits de l’Action Sociale qui devraient permettre de réduire les frais de restauration collective ou de permettre à l’ensemble des agents de bénéficier des crédits d’actions sociale à hauteur de leurs besoins, et notamment les collègues femmes qui, pour de multiples raisons font face aux inégalités salariales et de genre. Nous terminerons donc cette déclaration en rappelant l’importance de la journée internationale du 25 novembre de lutte contre la violence faites aux femmes.
Les élu.es au CSA-SA
