Petit récapitulatif d’une lutte dans la circonscription de Châteaubriant :
1- avril 2026 : on se retrouve et on parle au lieu de partir manifester à Nantes ou Rennes ou chez soi. Plutôt que de subir notre ruralité, une petite trentaine d’AESH et professeur·es de collège, lycée et école (la majorité) ont pris deux heures pour échanger sur les joies et les difficultés du métier. Le nombre d’arrêts/accidents de travail ou de service et de collègues épuisé·es (plus d’une vingtaine) est impressionnant. Seul·es les collègues en REP considèrent leurs conditions de travail correctes. Pourquoi la circonscription complète n’est-elle pas en REP ? Suite à cette discussion du mardi, un rassemblement est organisé le vendredi. Près de 200 personnes sont présentes. Succès ! Joie de se retrouver et de se soutenir.
2- mai 2026 : un ensemble d’actions permettent de rendre visibles les difficultés. Chaque semaine, un évènement vient annoncer le rassemblement final. Le décès de l’Education nationale est annoncé publiquement par voie de presse puis sur le marché. Une pétition est lancée et affichée devant les écoles, à la fête des écoles publiques de l’USEP (Union Sportive des Ecoles Publiques). Des photos des écoles avec les affiches sont publiées sur les réseaux sociaux. Nous avons plus de 1300 signatures à notre pétition. Des parents, AESH et professeur·es rencontrent le sous-préfet. L’information est diffusée à un maximum de personnels de l’Éducation : le silence doit être brisé. Un rassemblement d’une centaine de personnes a lieu : défilé mortuaire, fanfare et dépôt de pancartes à la sous-préfecture viennent enterrés l’Education Nationale.
3- juin 2026 : l’inspectrice de circonscription, qui avait manqué de soutien auprès de nombreuses écoles, demande des noms et souhaite rencontrer le collectif. Elle nous a dit qu’elle n’avait pas de pouvoir sur les décisions. Nous souhaitons des actes et non des mots de politesses. Nous refusons donc sa demande. Nous attendons encore l’audience promise par celles et ceux qui ont le pouvoir, à Nantes.
Seule une classe n’a pas fermé. La rentrée reste aussi difficile pour certains collèges, lycées et écoles que les précédentes. Toutefois, cet élan collectif a permis à certain·es de se sentir soutenu·es, soutien qui manque terriblement de la part de notre hiérarchie. Ce printemps de lutte dans la circonscription de Châteaubriant a surtout relancé une veille collective et des liens entre collègues. Ce printemps 2026 est important pour nous/leur montrer que nous ne sommes pas passif·ves/impuissant·es face à cette machine qui voudrait oublier que derrière leurs chiffres, leurs écrans et leurs bureaux il y a des humain·es. Le vivant·e mérite mieux que ça.
CGT Educ’action 44, Collectif Châteaubriant
